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Ergonomie et Ostéopathie, même combat !

David DESSAUGE, « Ergonomie et Ostéopathie, même combat ! », Comportements & Innovations, 12/05/15

Ergonomie et ostéopathie, même combat !

Un des fléaux majeurs de la santé dans les pays dits développés réside dans l’augmentation exponentielle des Troubles Musculo-Squelettiques dont le coût socio-économique est en train de s’aligner sur celui du cancer (environ 1 % du PIB national). L’apparition d’un TMS est un mécanisme complexe qui revêt des caractéristiques psychologiques et émotionnelles, organisationnelles, biomécaniques, environnementales et contextuelles. Traiter un TMS revient donc à mettre en œuvre une prise en charge multimodale (et non « globale »). Si l’ergonome et l’ostéopathe s’attaquent avec des armes différentes à cette situation  » pathologique  » en entreprise, ils répondent à une problématique identique sur les interactions entre la composition complexe de l’être humain et son environnement.

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Ergonomie ou ostéopathie ?

L’ergonome est censé agir en amont du trouble fonctionnel, en focalisant son approche sur l’interface entre l’Homme et la machine ou le poste de travail. Ayant pour objet essentiel l’adaptation de l’Homme à un environnement basé sur des normes et des spécifications techniques (quasi) universelles, il souffre d’une lacune concernant les modes d’action directement appliqués sur l’opérateur et sur la fonctionnalité de ses tissus articulaires. Il peut donc mettre en œuvre des processus visant à améliorer son moral, son confort physique et sensoriel, mais rien qui puisse modifier intrinsèquement sa posture et ses habitudes gestuelles, celles-ci étant dictées par des capacités biomécaniques et des programmes moteurs propres à l’individu. Il y aura donc toujours un moment où l’opérateur devra « faire avec » son anatomie fonctionnelle et devra se débrouiller seul face aux impératifs fonctionnels imposés par le poste de travail.

L’ostéopathe a recours à des outils thérapeutiques susceptibles, en aval, d’agir sur la douleur et le spasme du muscle et peut donc renforcer les capacités de l’organisme à supporter telle posture ou tel geste à des endroits particulièrement sollicités, mais dans la durée, il n’aura qu’une action de conseil face à un environnement qui, s’il est véritablement délétère, finira immanquablement par l’emporter sur la résistance de l’appareil locomoteur humain.

 

Ergonomie et ostéopathie !

En résumé, aucun des deux ne peut prétendre prendre en charge isolément et efficacement un TMS dans la durée. De plus, ils sont tous deux (et pas les seuls) confrontés à la même limite, à savoir l’application obligatoire d’un « principe actif » minimum valable pour l’ensemble des individus : la normalisation et les grands principes organisationnels pour l’ergonome, les modes d’actions biologiques et neurologiques d’une manipulation ou d’une mobilisation pour l’ostéopathe. Ces « principes actifs » répondent forcément à une moyenne dont l’écart type peut être plus ou moins grand et dont certaines personnes seront toujours susceptibles de sortir à cause de leurs caractéristiques individuelles (qu’elles soient anatomiques, psychologiques, métaboliques, génétiques ou autres).

Répondre à l’ensemble des demandes de toute une population nécessite l’application d’un « principe actif » adapté à chaque individu, ce qui représente une gageure en termes de temps, d’énergie et, forcément, de coût financiers. D’où l’importance de mettre en œuvre une prise en charge complémentaire entre ces deux disciplines que sont l’ostéopathie et l’ergonomie, avec, en cas d’échec final, une ultime solution de retrait de l’opérateur qui devrait rester exceptionnelle et non constituer la règle telle qu’elle est encore trop souvent appliquée. L’ostéopathe et l’ergonome doivent développer des possibilités concrètes de collaboration.

 

Expertise biomécanique commune

Il est intéressant de noter des similitudes dans l’évolution historique de ces deux professions : la prise en compte de l’environnement et de l’aspect psychologique de l’individu a progressivement pris le pas sur tous les autres critères d’analyse. Ceci est peut-être dû au développement significatif des neurosciences, ou encore au fait qu’on a préféré, à travers des outils et méthodes de recherche un peu moins exigeants, s’orienter vers des connaissances en « sciences molles » pour aborder une problématique paraissant dès le départ trop complexe.

Qu’on ait abordé le problème des TMS par le biais de questions de recherche et d’outils plus faciles à manier, ou par des axes de recherche plus à la mode, toujours est-il qu’a été négligé l’aspect biomécanique de l’appareil locomoteur. A titre d’exemple, on entend souvent parler du rôle du des risques psycho-sociaux sur l’apparition des troubles musculo-squelettiques, mais jamais de l’inverse ! Il apparaît bien que de véritables lacunes existent en terme de compréhension du fonctionnement et des dysfonctionnements mécaniques du corps humain, et il revient, dans les années à venir, aussi bien à l’ostéopathe qu’à l’ergonome, de se pencher sur les paramètres susceptibles d’impacter la santé des opérateurs devant une machine ou un poste de travail.

En associant leurs efforts et leurs connaissances, ces deux professionnels devraient être capables de distinguer les paramètres propres à l’individu de ceux propres au poste pour, non seulement évaluer la dangerosité supposée d’un poste, mais aussi et surtout pour apporter des solutions, pour prioriser les actions à mener sur l’Homme et/ou sur la machine et pour anticiper l’installation d’un TMS.

 

David DESSAUGE, « Ergonomie et Ostéopathie, même combat ! », Comportements & Innovations, 12/05/15

 

Ostéopathie et Constipation

La constipation est un ralentissement du transit des intestins s’associant à une diminution de la quantité de selles émises, un retard à la défécation (vidange intestinale), une consistance anormale et une difficulté à l’expulsion. Médicalement parlant, il y a constipation lorsque les selles sont inférieures à 3 par semaine.

La constipation touche une personne sur cinq en France et la plupart des personnes touchées sont des femmes (80%) et des personnes âgées.

constipation

Dans la majorité des cas, les principaux signes de la constipation sont des selles déshydratées (sèches), des efforts à la défécation et des sensations d’évacuation incomplète.

Deux principaux mécanismes sont en cause dans cette pathologie :

• Une « paresse » du colon qui fait que ce dernier se contracte peu. Ce mécanisme entraîne un ralentissement du transit car les selles progressent lentement.
• Un « dessèchement » des selles : la paroi du colon a comme fonction, la réabsorption d’eau présente dans les matières fécales. En l’absence d’une hydratation régulière et suffisante, cette réabsorption d’eau dans le gros intestin peut conduire à la formation de fèces dures et sèches, rendant leur élimination difficile.

Dans mon traitement, je m’intéresserai bien entendu au colon, et particulièrement à sa mobilité. S’il existe un manque de mobilité, le colon ne peut effectuer les mouvements nécessaires à sa fonction. C’est à ce moment qu’on parlera de « paresse » de cet organe.

Je testerai et travaillerai aussi la mobilité du bassin osseux dans lequel se trouve le colon et les autres viscères qui eux aussi peuvent gêner la bonne fonctionnalité du colon.

La colonne vertébrale fera aussi parti de mon exploration du fait des correspondances nerveuses qui existent entre les viscères et certaines vertèbres (lombaires principalement).

La prise en charge ostéopathique comprendra aussi des conseils alimentaires, d’hydratation et d’hygiène de vie.

 

Extrait de Traitement de la Constipation par un Ostéopathe, Valérie TOUATI

Ostéopathie en entreprise

Réduire les TMS, un bénéfice pour l’entreprise et ses salariés

Plusieurs facteurs de risque peuvent être à l’origine des TMS dans l’entreprise : les facteurs biomécaniques (efforts répétés, postures inconfortables…), les facteurs psychosociaux (pression temporelle pour exécuter les tâches, relations avec la hiérarchie…). C’est donc l’activité des opérateurs au sein de l’organisation de travail qui doit être prise en compte.

Les Troubles Musculo-Squelettiques recouvrent un large éventail de pathologies touchant les tissus mous à la périphérie des articulations. Ils résultent d’un déséquilibre entre les capacités fonctionnelles des personnes et les sollicitations qui apparaissent dans un contexte de travail notamment sans possibilité de récupération suffisante. Ils affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs qui permettent le mouvement des pièces osseuses des membres supérieurs, du dos et des membres inférieurs. Ils sont localisés au niveau des poignets, des épaules, des coudes, du rachis, des genoux,… Le syndrome du canal carpien est la pathologie la plus connue et la plus répandue ; les tendinites sont aussi des formes fréquentes de TMS.

Ces affections se manifestent par des douleurs et gênes dans les mouvements pouvant entraîner un handicap sérieux dans la vie professionnelle et la vie privée.

Ces pathologies sont reconnues comme maladies professionnelles dans le cadre de tableaux annexés au code de Sécurité Sociale.

Quels sont les facteurs de risques ?

Les connaissances scientifiques sur les facteurs de risque et sur le rôle déterminant du travail dans le développement des TMS sont aujourd’hui bien établies et partagées par tous les préventeurs.

Même s’il convient de tenir compte des caractéristiques individuelles des salariés (âge, état de santé, histoire individuelle,…), les TMS résultent principalement d’une combinaison de plusieurs facteurs de risques. On peut citer de façon non exhaustive :

- Facteurs biomécaniques tels que répétitivité des gestes, efforts excessifs, postures et angles articulaires extrêmes ; l’exposition au froid ou aux vibrations constitue un facteur aggravant,
- Facteurs organisationnels, liés à l’organisation et à l’environnement de travail (possibilité de contrôle, clarté de la tâche, relations interpersonnelles…),
- Facteurs psychosociaux – la façon dont le travail est perçu par les salariés- tels que l’insatisfaction au regard d’un travail monotone, la tension engendrée par la pression du temps, le manque de reconnaissance, le vécu de relations sociales dégradées ou de l’insécurité de l’emploi.

Dans chaque entreprise, la combinaison des facteurs de risques est différente ; elle exige donc une appréhension particulière des situations de travail.

L’ostéopathie permet la prise en charge préventive et curative des TMS en entreprise.

Extrait de l’émission Le Magazine de la Santé, France 5.

Ostéopathie : vers une approche rationnelle

Xavier BLUSSEAU, « Ostéopathie : vers une approche rationnelle » , Comportements & Innovations, 14/12/2014

 

Le décret réglementant la formation en ostéopathie en France vient de paraître. L’objet de l’ostéopathie est de prendre en charge manuellement des « dysfonctions » définies comme des altérations de la mobilité (fonction) ou du comportement et de la constitution (structure) des différents composants du corps humain. Ce concept philosophique de dysfonction (ou lésion, ou subluxation), datant du XIXème siècle, reste in-appréhendable et survit toujours alors que les données de la neurophysiologie expliquent avec davantage de crédit l’amélioration symptomatique que procurent les actes de thérapies manuelles.

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Des concepts métaphysiques encombrants

« Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent ».

L’altération de mobilité, invisible aux plus puissantes technologies d’exploration médicale, serait à l’origine de contraintes dont dépendraient les troubles fonctionnels musculo-squelettiques. Cet axiome plein de bon sens est pourtant d’ordre métaphysique car il s’oppose aux bases fondamentales de la biomécanique et invite à confondre les causes et les conséquences.

Prenez un cycliste (un muscle). Lorsqu’il pédale (se contracte) le vélo (la vertèbre) se mobilise. Accrochez le vélo à un pylône avec un élastique (un ligament). Lorsque le cycliste pédale, les contraintes dans l’élastique l’étirent. Le vélo peut donc se déplacer, mais plus lentement. Le thérapeute manuel affirmera contre toute rationalité scientifique, mais selon ses concepts, que c’est le déplacement plus lent du vélo (altération de mobilité) qui est à l’origine des contraintes dans l’élastique. Or, la mobilité réduite du vélo est une signature des contraintes dans l’élastique, elle n’en est pas la cause. Remplacez l’élastique par une corde qui immobilise le vélo. Les contraintes dans la corde vont finir par la rompre si elle n’est pas assez résistante. Le thérapeute manuel conclura que c’est parce que le vélo était immobile que la corde a rompu. « Vous vous êtes fait mal parce que votre vertèbre est bloquée, et ce sera ainsi tant que je ne l’aurai pas débloquée ». CQFD ! Or il n’y a là que des mouvements normaux du vélo qui sont fonction des conditions dans lesquelles ils sont réalisés. Qu’est-ce alors que cette altération de la mobilité censée être récupérée par les actes manuels ? Les différents courants philosophiques des thérapies manuelles s’écharpent à son sujet depuis plus de 100 ans.

En revanche, on peut comprendre qu’avec la corde (altération du comportement du ligament), les actions mécaniques nécessaires au geste de pédalage qui produit le mouvement du vélo vont contraindre d’autres éléments et créer des troubles fonctionnels. Seulement, les thérapies manuelles n’ont jamais montré que leurs actes transformaient la structure et donc le comportement des tissus. C’est sûrement pourquoi elles n’arrivent pas non plus à montrer leur capacité à éviter la récidive. Elles s’obstinent pourtant à s’autoproclamer « médecines préventives ».

Malheureusement, un enseignement réglementé comme celui de l’ostéopathie continuera de produire chaque année des milliers de jeunes thérapeutes, professionnels de santé ou non, qui vont « bricoler » l’altération de la mobilité de la vertèbre ou l’altération de la structure du ligament par soumission à des concepts rigides plutôt que d’étudier scientifiquement le phénomène afin de proposer des solutions cohérentes aux douleurs de leurs patients. Quel avenir pour ces jeunes à qui on enseigne qu’un acte qui récupérerait cette mobilité « juste » serait le traitement causal dont la médecine conventionnelle serait dénuée ?

L’apport rationnel de la biomécanique

L’ostéopathe biomécanicien se propose, en dehors de tout dogmatisme, de faire un objet de science du problème des gestes et des troubles fonctionnels et d’en concevoir des applications dans le domaine de la santé et de l’industrie. L’approche la plus pertinente des gestes est une approche biomécanique.

Nous développons un modèle opérationnel permettant l’expertise des gestes à travers le paramétrage des facteurs biomécaniques qui les conditionnent. Ces facteurs sont soit corporels, soit liés à l’environnement du patient. La mesure des paramètres est possible à différents niveaux de précision, dans un examen clinique de routine ou par le biais d’outils technologiques usuels.

Le premier enjeu est de rechercher dans les études déjà existantes, les facteurs biomécaniques qui déterminent les conditions dans lesquelles les actes de thérapies manuelles sont efficaces : c’est lorsque les conditions contraignantes sont éphémères, comme lorsqu’on a porté un objet trop lourd. Dans ce cas, les manipulations, par un effet reflexe, vont diminuer les contractures musculaires et les douleurs. Leur efficacité sur les troubles fonctionnels récents est symptomatique, bien que les thérapies manuelles se revendiquent obstinément d’un travail sur la cause. En revanche, lorsque le trouble fonctionnel est chronique ou récidivant et que les contraintes sont liées à des facteurs corporels comme la raideur augmentée d’un tissu, ces actes montrent leur efficacité à court terme puisque la cause des contraintes est toujours présente.

Nous devons maintenant confronter notre approche à celles médicales et ergonomiques normatives qui ne semblent pas montrer de résultats probants dans la gestion des troubles fonctionnels.

Un regard interdisciplinaire sur les troubles fonctionnels

La richesse de cette approche tient aussi dans l’infini apport de disciplines variées telles que la mécanobiologie, la neurophysiologie, les sciences de l’éducation, la psychologie ou les neurosciences. Ces disciplines nous permettent en amont de mieux saisir les mécanismes en jeu dans la réalisation de gestes, mais aussi dans le maintien d’une posture. A travers l’œil de l’ostéopathe biomécanicien, c’est tout un regard interdisciplinaire qui se pose sur la problématique de santé publique que représentent les troubles fonctionnels.

 

Xavier BLUSSEAU, « Ostéopathie : vers une approche rationnelle » , Comportements & Innovations, 14/12/2014

Ostéopathie, quel avenir ?

Arnaud CREPIN, « Ostéopathie, quel avenir ? « , Comportements & Innovations, 25 janvier 2015.

 

L’ostéopathie a vu de nouveaux textes préciser sa pratique et sa formation ces derniers mois. Cette réglementation veut répondre à un objectif : homogénéiser la formation. Mais l’objectif ultime, lui, qui serait d’améliorer la qualité des soins aux patients, est-il bien respecté ?

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L’ostéopathie, efficace ? Pour qui ? Pour quoi ?

Patients, praticiens, étudiants, professionnels de santé, de nombreux acteurs de la santé se sont vus concernés de près ou de loin par les derniers textes de loi encadrant l’ostéopathie parus en septembre et décembre 2014. Ce cadre inexistant il y a encore 13 ans, avant la loi de reconnaissance de 2002, se précise petit à petit. Parfois perçue comme une discipline dédiée avant tout au confort de l’individu, ésotérique par certains spécialistes, dangereuse par d’autres, quelle est l’identité de l’ostéopathie aujourd’hui ?

D’abord, rappelons que les textes définissant l’exercice de l’ostéopathie en 2007, précisent que l’ostéopathie a « pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques ».

Si ce point pouvait faire l’objet d’une discussion, au vu de certains articles relatant une efficacité significative devant certaines affections organiques, il définissait clairement un champ d’action intégré dans la pathologie.

L’ostéopathie en 2012, selon l’étude MOST, c’est en effet 20 millions de consultations annuelles, avec pour motifs dans près de 92% des cas, une douleur : 61% pour des douleurs musculo-squelettiques, dont les lombalgies et cervicalgies sont en tête de liste, mais aussi pour des douleurs viscérales comme le syndrome de l’intestin irritable, contre 2% de gestion de stress, anxiété et insomnie, et moins de 5% de « bilan ostéopathique.

Mais l’ostéopathie est-elle réellement efficace ?

Les études cliniques sont de plus en plus nombreuses et fiables : elles montrent une efficacité de certains actes thérapeutiques. Ces actes sont toujours des actes thérapeutiques répondant à la définition que l’ostéopathie biomécanique se limite à utiliser : des actes générant des forces appliquées sur des tissus.

Ce type d’acte s’avère donc efficace devant les motifs énoncés ci-dessus : lombalgies, cervicalgies (surtout aiguës), syndrome de l’intestin irritable etc. D’autres études montrent que l’ostéopathie n’est pas efficace pour des motifs comme l’hypertension ou l’asthme.

Un intérêt de santé publique

Les lombalgies, selon un rapport de la Haute Autorité de Santé, sont considérées comme un problème de santé publique. Le syndrome de l’intestin irritable concerne plus de 10% de la population. Les problématiques des douleurs musculo-squelettiques dans le cadre du travail, les TMS, sont inclues dans un recueil des problèmes de santé publique du HCSP, tout comme l’autonomie des personnes âgées, dépendante de leurs douleurs musculo-squelettiques.

Les nouvelles preuves d’efficacité des actes de l’ostéopathie pour ces troubles fonctionnels imposent logiquement d’intégrer ces actes dans les protocoles de soins.

Une efficacité à conditions

Pour être rigoureux, précisons que d’autres stratégies thérapeutiques ont également démontré leur efficacité devant certains de ces motifs de consultation : citons la médication classique, la kinésithérapie bien sûr, mais aussi l’acupuncture. Une organisation pluridisciplinaires de la prise en charge des troubles fonctionnels évoqués comme la lombalgie est une nécessité d’avenir, organisation selon des critères restant à valider mais proposés dans la formation et la pratique de l’ostéopathie biomécanique.

Quant aux risques après pratique de ces actes, de complications bénignes mais aussi, bien que très rares, graves, ils commencent à être décrits. Ces risques, notamment sur les manipulations cervicales, peuvent être limités par une connaissance des facteurs de risque, et une maîtrise de gestes sécurisés. Un niveau élevé de compétences paraît indissociable à la bonne pratique de ces actes.

Des responsabilités à assumer

Or, si l’ostéopathie peut se féliciter depuis peu d’un cadre de contenu de formation rigoureux en terme de volume horaire, la définition même du métier a reculé et risque de limiter les compétences des praticiens à venir.

Aujourd’hui, le praticien ne prend plus en charge les troubles fonctionnels indiqués en 2007, mais participe au maintien de l’état de santé en traitant des dysfonctions dont la définition et les outils d’objectivation n’existent nulle part (voir l’article de Xavier Blusseau). Des thérapeutes traitant des patients souffrant de douleurs peuvent donc malheureusement toujours avoir le même titre que des philosophes pensant ressentir la cause d’un mal être.

L’espoir européen

Avec l’investissement des pouvoirs publics pour préciser les textes de loi d’un côté, et l’implication des établissements de formation de l’autre, nous pourrions donc entrevoir le visage prochain de ce qui pourrait devenir un jour une profession. La reconnaissance de la formation et de la pratique de l’ostéopathie commencée en Belgique il y a quelques années, ou concrétisée au Portugal dans des textes récents, serait-elle alors envisageable en France ? Dans un tel contexte, une modification des textes de loi sur les conditions de réalisation des actes pourrait même s’envisager un jour.

 

Arnaud CREPIN, « Ostéopathie, quel avenir ? « , Comportements & Innovations, 25 janvier 2015.